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Réalisé par Gonzalo Lopez-Gallego, Apollo 18 est un film tourné sous le format du faux reportage. Il s’inscrit donc dans la veine des films initiés par The Blair Witch Project en 1999. Avec un budget plus gros (5 000 000 $) que les Paranormal Activity (15.000 $), The Blair Witch Project (60.000 $) ou REC (1 500 000 $), Apollo 18 a quand même réactivé la ferveur des amateurs des théories du complot. Si on peut faire un film aussi réaliste avec 5 millions de dollars, il était alors très facile pour la NASA de faire de fausses images de la conquête spatiale. Pour rappel, l’homme a posé le pied sur la lune le 21 juillet 1969. Un an plus tôt sortait dans les salles 2001 L’Odyssée de l’espace réalisé par Stanley Kubrick avec un budget de 11 millions. Il n’en fallait pas plus pour titiller les théoriciens du complot : et si Armstrong n’avait jamais mis le pied sur la lune, et si les images qui ont fait le tour du monde seraient en fait l’oeuvre de Kubrick… Quoiqu’il en soit, Apollo 18 joue le jeu à fond, s’engouffre dans cette brèche et nous offre un faux reportage version complot spatial…
Synopsis :
En 1970, suite à des coupures dans le budget de la NASA, le programme Apollo est définitivement arrêté. Apollo 18, 19 et 20 sont avortés. Officiellement, car officieusement le ministère de la défense américaine a décidé de poursuivre la mission. L’objectif d’Apollo 18, ramener des échantillons lunaires ainsi qu’y installer de l’équipement audio et vidéo. Pourquoi ? Les astronautes vont vite le découvrir…
Critique :
Vous l’aurez compris, Apollo 18 est un film qui tente de mélanger réalité et fiction. Il se base d’une part sur des faits réels (abandon du programme Apollo), de vrais images d’archives et, pour la plus grosse partie, d’images fictives. Apollo 18 est donc un film de science-fiction tentant de s’ancrer dans la réalité plus qu’au travers de la technique du faux reportage ou de la caméra subjective, comme dans The Blair Witch Project ou Paranormal Activity, mais en mélangeant le vrai et le faux, le monde du réel et le monde de la fiction.
Autant être clair dès le départ, je suis loin d’être un fan du genre. La direction photo pousse trop souvent l’effet d’image, la caméra est systématiquement instable tout du long et puis le fait que ces films jouent majoritairement sur la surprise et non le suspense.
Pour moi, Apollo 18 évite ces lacunes. Les astronautes installent des caméras fixes et mobiles sur la lune et dans leur module lunaire, ils disposent également de caméra presque subjectives placées dans leur casque ainsi que de quelques caméras portatives. Du coup il est plus facile de jouer sur le registre du suspense. Gonzalo Lopez-Gallego parvient à y créer une tension, une atmosphère autre que la simple surprise et le sursaut presque inhérent au genre du faux documentaire.
De plus le réalisateur assume totalement l’utilisation de différentes caméras. Certaines filment en 16/9, d’autres en 4/3, celles dans les casques des astronautes ont un cache sur la droite matérialisant l’arrondi du casque. Un mélange étonnant à première vue mais complètement assumé. Le passage d’un format à l’autre est très intéressant et apporte beaucoup de dynamisme à la réalisation et au montage.
Autre point fort : le traitement de l’image. Chaque caméra à ses propres teintes de couleurs, usant d’une palette de tons grisâtres impressionnante. Le grésillement des caméras est également très varié, prouvant qu’il est possible d’un faire un faux documentaire sans rester constamment avec « une image uniforme ». Un grand coup de chapeau à la direction photo qui réalise une belle prouesse technique.
Le gros point faible du film, comme souvent dans le cas du faux reportage, c’est le scénario. Celui-ci se met en place très lentement, et la place laissée aux rebondissements est très faible. Une linéarité qui est complètement cassée par la réalisation, le montage et le fait que le film puisse jouer sur différents registres : surprise ou suspense.
Si Apollo 18 se revendique être un mélange de Paranormal Activity et Alien, il est bien plus que cela puisqu’il transfère un genre dans un nouveau registre, celui de la science-fiction. Un film de science-fiction certes mais qui cherche à nous tromper en se référant à des faits réels.
Apollo 18 est un film intéressant, qui joue autant sur les genre que sur le traitement de l’image. Une belle prouesse technique et cinématographique. A découvrir ne serait-ce que par curiosité.
Critique très élogieuse, j’ai pour ma part moins apprécié ^^, voila ma critique : http://www.youtube.com/watch?v=lAeNoXEBY_Y